Médecines douces : qui séduisent-elles en France ?

Les médecines douces sont définies par le Conseil national de l’ordre des médecins comme des « médecines alternatives et complémentaires ». « Alternatives » car elles correspondent à un choix qui relève de la décision de chacun et « complémentaires » car elles peuvent être associées à un traitement médical conventionnel.
Crédits : andresr
Homéopathie, acupuncture, ostéopathie ou mésothérapie : les médecines douces séduisent de plus en plus de Français. L’Observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations apporte un nouvel éclairage sur cette tendance et ses adeptes.
Les données et les enseignements présentés dans cet article se basent
sur l’analyse des résultats de l’enquête réalisée en 2017 auprès de 2 000 Français
par IPSOS pour l’Observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations.

Que sont les médecines douces ?  

Les médecines douces sont définies par le Conseil national de l’ordre des médecins comme des « médecines alternatives et complémentaires ». « Alternatives » à la médecine traditionnelle, car elles correspondent à un choix qui relève de la décision de chacun.  « Complémentaires » car elles peuvent être associées à un traitement médical conventionnel. Quatre d’entre elles sont actuellement reconnues en France. C’est à dire qu’elles peuvent faire l’objet de titres et de mentions autorisés sur les plaques et les ordonnances : l’homéopathie, l’acupuncture, l’ostéopathie et la mésothérapie.

50%
1 Français sur 2 déclare se tourner de plus en plus vers les médecines douces.

L’Observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations révèle que 31% des Français reconnaissent y avoir recours. Ces pratiques ont le vent en poupe : 50% des Français se tournent de plus en plus vers elles. Certaines catégories de consommateurs y sont plus sensibles, comme les Changeurs (77%) et les Créactifs (61%). D’autres le sont beaucoup moins, comme les Prétendants (30%) ou les Assiégés (34%).

Dis-moi comment tu te soignes, je te dirai qui tu es…

La santé est un poste de dépense essentiel pour les Français : ils sont 94% à penser qu’elle participe à leur qualité de vie. Si la santé semble donc être un bien précieux, l’Observatoire indique toutefois que 56% des Français ont dû se priver de produits ou de services de santé au cours des deux dernières années. De même, 14% d’entre eux aimeraient dépenser plus pour leur santé. Il semble émerger des données issues de l’Observatoire, deux approches différentes lorsqu’il s’agit de se soigner : les Assiégés et les Prétendants s’opposent aux Changeurs et aux Créactifs.

Les Créactifs et les Changeurs semblent vouloir prendre leur santé en main : meilleure hygiène de vie et désir de prévention sont à mettre en parallèle avec leur plus grande consommation de soins issus des médecines douces. A l’inverse, les Prétendants et les Assiégés adoptent une démarche plus passive dans la gestion de leur santé. Ils ont une consommation de soins plus classiques, qui laisse moins de place à la prévention et aux médecines alternatives.

Assiégés et Prétendants : moins adeptes des médecines douces

Pour les Assiégés et les Prétendants, la santé est un bien qui coûte trop cher. Par rapport à la moyenne des Français interrogés, ils ont tendance à ne pas pratiquer tous les examens médicaux recommandés. Pour eux, la santé n’est pas si essentielle : ils ne sont que 31% et 25% à penser qu’elle participe « tout à fait » à leur qualité de vie. Prétendants et Assiégés accordent moins d’attention à leur hygiène de vie que l’ensemble des Français. Par ailleurs, les Assiégés sont ceux qui font le moins confiance à la prévention. Ils ont finalement une approche classique vis-à-vis de la médecine. En effet, par rapport à la moyenne des Français, ces deux familles de consommateurs disent garder confiance dans les médicaments. Les Assiégés sont ceux qui déclarent le plus aller chez leur médecin.

Changeurs et Créactifs sont acteurs de leur santé

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Changeurs et Créactifs sont adeptes des médecines douces

Part des Français affirmant opter "de plus en plus vers les médecines douces".

A l’inverse, les consommateurs dits « Changeurs » et les « Créactifs » sont ceux qui font le plus attention à leur santé. Ils estiment qu’elle participe « tout à fait » à leur qualité de vie pour respectivement 61% et 46% d’entre eux. Ce sont également ces deux familles de patients qui sont les moins prêtes à réduire leur budget bien-être et santé. Leur stratégie pour rester en forme ? Devenir pleinement acteurs de leur santé. Ils privilégient ainsi une hygiène de vie stricte, pour respectivement 96% et 84% d’entre eux. Ils ont plutôt tendance à penser que pour rester en forme, il faut impérativement prévenir les risques plutôt que d’attendre de tomber malade et de consulter un médecin.

L’Observatoire indique à ce propos que 71% des Changeurs déclarent n’aller chez le médecin que si leur « état de santé ne s’améliore vraiment pas après un certain temps ». Cela peut contribuer à expliquer le recours plus fréquent aux médecines douces qui sont jugées efficaces en prévention par 78% des Français (sondage IFOP 2007).

Moins de médicaments, plus de médecines douces

Changeurs et Prétendants sont également plus réticents que la moyenne des Français à prendre des médicaments, ce qui semble correspondre à un plus grand recours aux médecines douces. A ce titre, l’homéopathie séduit car elle procure un sentiment de sécurité : les produits sont perçus comme « sûrs » et « naturels ». L’étude IFOP de 2007 révélait déjà une des raisons fondamentales qui pousse les Français à s’orienter vers les médecines douces : l’envie de consommer moins de médicaments.

Enfin, Changeurs comme Créactifs vont plus souvent que les autres Français se renseigner sur Internet à propos de leur santé. Comme le rappelle Anne Buisson, directrice adjointe de l’Association François Aupetit (AFA) citée sur le site du Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) : « en ayant accès à ces connaissances, les patients ont repris un certain pouvoir sur leur prise en charge et ils n’hésitent plus à aller vers des thérapies non conventionnelles. »